L’enfant qui ne voulait plus dormir …

Novembre 2013

Enceinte de 5 mois, et ne pouvant plus dissimuler mon ventre naissant, j’annonce à BN et Rebelle qu’ils auront très bientôt une petite sœur. Rebelle, 18 mois, est trop petite pour réaliser. BN, 38 mois, mon blondinet, mon petit prince, mon angelot, se réjouit. Une « minuscule » petite sœur va agrandir la famille.

en attendant Babyrose
En attendant Babyrose …

Quelques jours plus tard, nous partons en vacances chez Papili et Mamilie. Seulement voilà, BN qui, le soir, retrouvait avec joie son lit et son doudou et se couchait sans peine, fait de la résistance. Il se lève, se relève, invoque la soif, la peur du noir, pipi … Papili le patient s’installe près de son lit et reste à ses côtés jusqu’à ce que BN s’endorme enfin. Le lendemain, même scénario. Et les jours suivants. Et Papili le patient commence à s’impatienter. Nous tentons de raisonner BN. Le problème empire.

Retour à la maison. Je n’ai pas le courage de passer une heure à endormir BN chaque soir, et Roméo n’est pas toujours à la maison pour m’aider. Je tente donc de réhabituer mon fils en douceur à être seul dans son lit. En vain. Les choses empirent encore. Maintenant, BN crie dans son lit, chante à tue-tête, cogne dans les murs. Puis il sort de sa chambre en courant, en riant comme un diable, allume la lumière en réveillant Rebelle qui, à cette époque bénie, dormait encore dans un lit à barreaux.

A l’école, la maîtresse me lâche une petite bombe : « Votre BN était un ange au début de l’année. Maintenant, on le croirait possédé ! »

Que faire, que faire ? BN a 3 ans … et me voilà déjà dépassée !

Je tente tout : Le dialogue, l’indifférence, les punitions. Puis les punitions… et encore les punitions. Je sens bien que ça ne fonctionne pas, mais je suis perdue. Roméo est désemparé tout comme moi. Nous faisons disjoncter la lumière de sa chambre pour l’empêcher de rallumer, il finit par se lasser. Nous bloquons la porte de sa chambre pour qu’il ne sorte plus. Il finit par rester dans son lit. Mais il rit, il chante, il hurle ! Ce n’est que lorsque la fatigue le rattrape qu’il finit par s’endormir, épuisé, et nous avec.

Je suis sûr le point d’accoucher. Je suis fatiguée. Je suis démoralisée. La pédiatre, la maîtresse, les nourrices, toutes s’accordent à dire que ce comportement est lié à la naissance imminente de la « minuscule » petite sœur. Je culpabilise et me pose mille questions. Je pleure de rage, contre BN, contre moi, contre eux tous qui me pointent du doigt sans apporter de solution.

Les mois défilent. BN s’est un peu calmé mais le coucher reste précaire. Babyrose grandit et notre fatigue se dissipe un peu. Les beaux jours reviennent, et BN peut se dépenser plus facilement à l’extérieur. Nous tentons de prendre plus de temps pour lui, de le valoriser en tant que grand frère.

Babyrose ne fait pas encore ses nuits, mais peut-être parce que c’est la troisième, je gère mieux la fatigue. Nous retournons en vacances chez Papili et Mamilie. Là-bas, les enfants dorment dans des chambres séparés. Et BN a la permissions de veiller un peu. Il est heureux d’être grand pour une fois et son comportement s’en ressent. Je l’emmène voir l’homéopathe de mon enfance, qui m’expose (franchement !) son point de vue : « Ton BN est jaloux de ses soeurs. Le début de votre vie à 5 a simplement été mal géré.» Ce n’est pas dit méchamment, même si ces paroles me vexent sur le moment. Mais voilà, il faut aussi que je les entende clairement.

Début septembre 2014

Les vacances sont finies. Rebelle dort désormais dans un lit sans barreaux. Après l’appréhension des premiers jours (va-t-elle se relever comme son frère, encore et encore ?) et le soulagement de constater qu’elle y dort volontiers, nous avons mis en place un nouveau rituel pour le coucher. Rebelle va au lit la première, avec une histoire. Et pendant qu’elle attend la visite de Morphée, BN dessine, fait des jeux de société avec Roméo et moi. Lorsque Rebelle dort enfin, nous lisons une histoire à BN (parfois, c’est lui qui nous la lit) et nous pouvons enfin, sereinement, l’accompagner au lit et le border.

Il nous aura fallut près d’un an, passer par toutes les émotions, désespérer, pleurer et même baisser les bras avant de trouver la solution idéale pour notre fils : Le coucher (nuit et siestes) en décalé.

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2 commentaires sur « L’enfant qui ne voulait plus dormir … »

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