L’enfant qui remettait des couches

Publié le Mis à jour le

Rebelle a aujourd’hui, très exactement, 2 ans, 7 mois et 28 jours.

Elle porte toujours des couches.

(Avertissement à ce stade de l’article : Ce billet va comporter des références grivoises…)

Mars 2012, quand BN a eu 18 mois, j’ai entendu parler de la propreté autour de moi. Certains m’ont incité à commencer l’apprentissage du pot dès le printemps ou l’été suivant. C’est ce que j’ai donc fais en mai, lorsqu’il avait 20 mois et que les températures étaient clémentes, sans grand succès. J’ai cru m’y prendre mal. Et puis Rebelle est née et j’ai mis de côté l’apprentissage de la propreté. Et puis l’automne est arrivé, suivit de l’hiver où il n’était plus question d’essayer.

En avril 2013 (il avait alors 31 mois), nous l’avons inscrit à l’école. Petit extrait de notre entrevue avec la directrice :
BN est-il propre ?
… Nous avions préparé la question et avons mentis avec aplomb :
BIEN SUR ! … J’ai affiché le sourire de la maman fière de son fils…
Vous comprenez certains parents ont tendance à mentir parce que sans propreté, nous ne pouvons pas inscrire leur enfant à l’école.
Je comprends ! … Et j’ai attiré discrètement mon BN dans mon dos pour qu’elle ne remarque pas son fessier proéminent, si caractéristique du port de la couche.

En ressortant du bureau de la directrice, j’ai vu une maman qui attendait pour inscrire son fils elle aussi, lequel s’est exclamé : « Je veux aller aux toilettes maman »…

A l’époque, je m’étais mis une pression énorme sur les épaules pour atteindre ce fameux graal : LA PROPRETÉ !! En mai, nous sommes partis barouder un week-end à Londres avec les enfants, régulièrement portés en écharpes parce que nous marchions beaucoup. BN en a eu assez d’être porté « comme un bébé » selon ses dires. A notre retour, il a réclamé d’enlever sa couche. Fin juin, il était propre le jour. En juillet, il était propre jour et nuit. Il avait alors 35 mois.

Par la suite, j’ai découvert que plusieurs enfants de mon entourage (enfants d’amis et de cousins) n’ont enlevé définitivement leurs couches le jour qu’à leurs 3 ans, ou même AU COURS de leur rentrée en petite section de maternelle.

Forte de ces témoignages et de mon expérience, j’ai décidé de ne plus me mettre de pressions à ce sujet pour Rebelle. Elle enlèvera sa couche quand elle l’aura décidé.

Je me suis pourtant laissée persuadée d’essayer l’apprentissage du pot avec elle à l’été 2014, pour ses 2 ans. Elle a très vite accepté d’y aller… parfois… et d’autres fois non. Depuis le mois de septembre, elle n’a plus jamais fait caca dans sa couche. C’est un acquis. (Je t’avais avertis, c’est grivois !)

Début novembre, elle avait alors 29 mois, elle a commencé à réclamer le pot à chaque fois. Et à chaque fois, c’était payant. Progressivement, les fuites ont disparu pour faire place à une propreté totale. Le jour et à la sieste.

YOUHOU !!!. Danse de la joie…

Ne jamais crier victoire trop vite.

Surtout avec Rebelle !

Début janvier, les fuites ont recommencé. Un peu. Beaucoup. Passionnément… TOUT LE TEMPS ! Elle réclamait pipi toutes les heures. Toutes les demi-heures. Toutes les 20 minutes. TOUTES LES 10 MINUTES !

AU SECOURS !!

Le pire, c’est que quand elle demandait, soudain elle se paralysait et croisait les jambes. C’était déjà trop tard.

Mi-janvier, j’ai commencé à me poser des questions.

ET JE CRAQUAIS.

Des lessives, encore des lessives.

Nettoyer le sol, le parquet, le carrelage, les coussins.

J’ai fini par me demander si cette rechute était vraiment une régression ou si elle était due à un facteur physique/physiologique. J’en ai parlé à la pédiatre qui m’a prescrit une analyse d’urine.

Fin janvier, l’analyse a révélé que Rebelle… nous faisais tout simplement une belle rechute.

Un matin, après l’avoir mise au pot deux fois avec succès, nous sommes sortis pour aller à l’école. Nous avons attendu la petite voisine comme tous les matins. Il faisait froid. J’avais BabyRose en porte-bébé qui gigotait et grognait d’être engoncée. Je surveillais BN d’un œil et Rebelle de l’autre qui avaient tendance à partir se cacher. Soudain une petite voix a soufflé crié à mon oreille :

« Maman, PIPI !!! »

Là j’ai eu un moment d’absence, je dois bien le dire. J’avais deux choix. Trois en fait :

    Choix 1. Ne rien faire. Au risque qu’elle fasse sur elle et prenne froid.
    Choix 2. Vite la déshabiller maladroitement (porte-bébé gigoteur et mains engourdies + gros manteau d’hiver de ma fille au milieu de tout ça)
    Choix 3. La déshabiller en râlant très fort.

J’ai choisi la solution 3. Et j’ai râlé doublement parce que quand j’ai enfin réussi à la déshabiller, c’était trop tard. Une dame qui passait par là m’a envoyé un sourire compatissant « Oulala c’est du travail des petits comme ça !« … Je lui aurait sauté au cou. Au lieu de ça j’ai poliment répondu à son sourire.

Suite à ce matin catastrophe, j’ai craqué et remis des couches à ma fille, malgré l’avis de sa nourrice. Paradoxalement, ça n’a pas été si simple de lui remettre la couche : M’a pas un bébé !!!! pleurait ma petite fille. J’ai longuement discuté avec elle pour la convaincre qu’en porter ne fait pas d’elle un bébé. J’ai lâché prise, pour ma santé mentale. J’ai arrêté de me demander ce que j’avais loupé et pourquoi ma fille nous faisait une régression violente : Pas prête ? Chipie ? Envie d’être à nouveau un bébé comme sa sœur ? A chaque fuite je la grondais et ça finissait par être désagréable pour nous deux.

Je me suis rendu à l’évidence :

J’étais prête à accepter une propreté tardive.
J’étais prête à la voir dépasser les 3 ans en portant toujours des couches.
J’étais prête à attendre jusqu’à la rentrée prochaine.

Mais je ne m’étais pas préparée à un violent retour en arrière.

Depuis que j’ai relâché la pression sur elle et moi, je commence à sentir un mieux. Parfois, ma petite Rebelle réclame le pot et y va brillamment. Parfois, c’est moi qui le lui propose avec des résultats divers.

Un matin, alors que je l’incitais à aller au pot dès le réveil comme souvent, j’ai eu la bonne surprise de découvrir sa couche complètement sèche. Elle s’est retenue toute la nuit.

Alors je pense que Rebelle est presque prête. Et en attendant que ce presque se transforme en tout à fait, j’essaye de l’accompagner au mieux, l’esprit serein parce qu’elle porte une couche, l’esprit serein parce qu’elle ne risque pas de faire sur elle à chaque sortie, l’esprit serein parce qu’elle peut s’oublier sans être grondée.

Rebelle et Babyrose
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