Complicité

Chaque parent est confronté au moins une fois dans sa vie aux urgences pédiatriques. Parce que, saches-le, toi, futur parent, ou jeune parent, ton enfant a cette faculté incroyable de tomber malade durant le week-end, tes vacances ou celles de ton pédiatre ! Et chez nous, ces différentes visites ont rarement été concluantes. Extraits :

1. LA PREMIÈRE FOIS

C’est ainsi qu’à l’âge de 3 mois et quelques jours, nous emmenions BN aux urgences pour la première fois, alors que nous étions en vacances chez mes parents. Quelques jours après Noël, la veille de notre retour. Une bonne soirée gâchée. Youpi !

BN avait de la fièvre depuis plus de 24h, les oreilles rouges et il toussait. A l’accueil on nous a demandé son âge. 3 mois et 10 jours. Ah, dommage, s’il avait moins de trois mois, il serait passé en priorité. Re youpi. A nous l’attente interminable !

Et interminable, elle le fut. Nous avons passé plus de trois heures à attendre dans cet hôpital, à attendre, et à partager allègrement les microbes des autres petits malades qui nous entouraient. Dans ce hall d’attente bondé et surchauffé, nous étions encore plus inquiets pour notre petit bébé. A un moment, une infirmière amena un sirop à une petite fille. Elle indiqua au papa que la petite devait prendre son sirop sans faute immédiatement. Le papa, inquiet, se renseigna :

« Et si elle refuse de le boire ? »
L’infirmière eut un sourire énigmatique :
« Je l’emmènerai avec moi dans une pièce à côté. Croyez-moi, elle le boira. Et mieux vaut que vous ne sachiez pas comment… ! »

Roméo et moi avons serré BN encore plus fort contre nous. Enfin une pédiatre, aimable comme une porte de prison, nous reçu. Elle ausculta notre petit garçon et conclut rapidement à une otite. Puis elle avisa des griffures qu’il avait sur le visage et nous fit soudain subir un éprouvant interrogatoire.

« Pourquoi avait-il ces griffures sur le visage ? » « Comment nous occupions nous de lui ? » « Où habitions-nous ? » « Pourquoi étions-nous ici, si loin de chez nous ? » « Comment comptions-nous rentrer ? » « Y’avait-il un pédiatre qui suivait l’enfant habituellement ? »

Plus elle nous questionnait, plus il était clair qu’elle nous soupçonnait de le maltraiter. Nous sommes sortis de là complètement démoralisés.

Pour la chute de cette histoire, deux jours plus tard et de retour chez nous, notre pédiatre nous affirma que BN n’avait pas d’otites mais une bronchiolite. Et qu’il se griffait suite à des démangeaisons que nous pouvions facilement calmer grâce à une crème. Et que la pédiatre des urgences n’aurait jamais du laisser un enfant avec une otite prendre l’avion le lendemain…

Petit BN eut trois autres brionchiolite au cours de sa première année.

2. L’ASTHME

Petit BN (toujours lui) eut une crise d’asthme. Nous nous y attendions puisque Roméo en souffre, mais bien sûr nous aurions préféré qu’il ne soit rien. Nous l’avons donc emmené aux urgences, là encore. Les détails de cette visites sont assez floues, mon cerveau doit en avoir assez de garder en mémoire des événements foireux liés aux urgences pédiatriques.

Je me souviens surtout de l’ENORME chambre à air que l’équipe médicale apporta dans la pièce.

Je me souviens que BN, terrifié, se mit à pleurer et à se débattre.

Je me souviens que plusieurs mains durent le tenir pour l’obliger à inhaler la ventoline.

Je me souviens des pleurs, je me souviens de la violence de cette situation. Mais aussi que les sifflements de mon fils s’arrêtèrent net.

Nous sommes repartis de là exténués, presque autant que notre petit garçon, avec une ordonnance pour acheter sa première chambre à air, sa première ventoline.

3. LES ECHARDES

Durant l’été 2013, BN (encore lui) s’était enfilé plusieurs micro-échardes dans la main en tombant sur une bogue de châtaigniers. Au départ nous avons pensé qu’elles sortiraient et tomberaient toutes seules. Mais en revenant de vacances, elles étaient toujours là. Si notre garçon ne paraissait pas en souffrir, je souffrais pour lui. Evidemment, je choisis un soir de week-end pour me décider à l’emmener aux urgences.

Arrivés là, comme toujours, on s’enregistre et on attend.

Puis une infirmière nous reçoit, pèse BN, s’enquiert du motif qui nous amène… et on attend de nouveau.

Une longue attente. Evidemment, des bras cassés ou des grosses fièvres passent avant nous.

2h d’attente plus tard, un médecin nous reçoit. Regarde la main de BN puis nous sort paisiblement :

« Ne vous inquiétez pas, les échardes partirons d’elles-mêmes. En l’état je ne peux rien faire de plus. Rentrez chez vous. »

…. L’infirmière du début n’aurait pas pu nous le dire, hein, franchement, au lieu de nous laisser poireauter pour rien ?!…

Pour la chute, là encore, si la plupart des échardes sont tombées seules, effectivement, la main de BN s’est quand même infectée à cause d’une épine résistante. Epine que nous avons sortis de là avec une pince à épiler. Nous-même.

4. HYPERLAXE ET HYPERHONTE

Notre Rebelle, notre casse-cou, notre « camionneur », est hyperlaxe, du poignet gauche. Nous en avons fait l’amère découverte par hasard. Je dansais avec ma fille. Et comme je lui tenais les mains, elle s’est laissée pendre comme elle aime à le faire. Ca a fait crac. Sa tête a changé de couleur. Elle s’est mise à pleurer et pendant de longues heures, impossible de toucher son poignet qui pendait près d’elle, inerte.

Evidemment c’était le week-end. Nous avons couru aux urgences. Enfin couru… D’abord, nous l’avons installé dans la voiture, non sans cris (chaque fois que nous faisions bouger son poignet) (Donc tout le temps). Nous l’avons attaché dans les cris. Nous l’avons sortis de la voiture dans les cris. Et nous avons commencé notre attente.

Plus le temps passait, plus Rebelle reprenait des couleurs. Tout à coup, je m’aperçois qu’elle bouge son poignet gauche. Pour être sûre, je lui tends un objet de ce côté pour qu’elle l’attrape… Ce qu’elle fait sans problème avec un immense sourire !

Je m’affole (bah oui quoi, j’aime que ma fille soit en forme, mais enfin, je commence à en avoir assez d’attendre aux urgences pour RIEN).

« Tu as encore mal ma chérie ?! »
« Non ! »

Finalement le médecin nous reçoit. Il attrape le poignet de Rebelle et le bouge dans tous les sens. RIEN. Il la fait jouer. Il la stimule. RIEN de RIEN.

« Non je ne vois rien, son poignet va parfaitement bien ! »

Et il nous congédie, comme ça. Sans radio. Sans examens. Sans RIEN.

La pédiatre nous a dit par la suite que nous ne pouvions rien faire pour son poignet à l’heure actuelle et que Rebelle doit juste apprendre à gérer sa faiblesse. Elle qui se pend partout, ça va être pratique.

Finalement la seule fois où les urgences nous ont vraiment été utiles, c’est lorsque Rebelle fut hospitalisée pour une infection.

J’allais écrire que BabyRose ne nous avait jamais conduite aux urgences… ce qui est vrai. Mais je dois être équitable : elle nous a fait rencontrer deux médecins différents durant les vacances, souviens-toi (l’été dernier). Le deuxième gentil médecin nous a même prédit, rien qu’en regardant ses amygdales, qu’elle serait allergique. Comme son père. Comme son frère. Chouette !

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