« Je n’ai pas envie que tu restes avec moi à l’anniversaire de E. maman ! »

Babyrose m’a lâché cette petite phrase,l’air de rien, le matin du jour où je devais l’emmener à l’anniversaire d’un copain.

Sur le coup ça m’a fait sourire. Ma petite fille semblait si déterminée, comme à son habitude. J’ai dis OK. C’était amusant.

Mon mari m’a suggéré d’en profiter pour aller faire du shopping. Du shopping, pour moi, rendez-vous compte ! Cela fait des mois (années ?) que je n’en avais pas fait autrement qu’en passant par Internet. Cela m’a parut fou, incroyable et irréel.

Nous sommes donc arrivées à l’anniversaire à l’heure convenue, toutes les deux, dans une salle de jeux indoor. Il y’avait un monde fou. Nous avons rejoint la maman du copain qui invitait pendant que Babyrose guettait ses copains, déjà partis dans les structures en mousses. Elle serrait fort ma main.

Un instant j’ai cru qu’elle allait me demander de rester. Mais non. Elle a trépigné sur place et dès qu’elle a aperçut son copain, elle m’a fait un rapide bisous en répétant :

« A tout à l’heure ! Tu ne restes pas hein ! »

Alors je suis partie.

Pendant que je roulais je me sentais étrange, bizarre. J’avais du mal à mettre un mot sur cette émotion qui me rendait toute… flou. Oui, flou. Tout l’étais autour de moi. Rien n’était bien défini, bien net ni à sa place. Il y’avait quelque chose, un grain de sable, qui perturbait tout mon univers.

Pendant que je faisais des courses, je passais et repassais en boucle cette petite phrase de ma fille. « Je n’ai pas envie que tu restes avec moi…« .

Il y’a un an et quelques jours seulement, elle était encore ma petite dernière, ma toute petite. Elle avait toujours été cette toute fragile qui avait besoin de temps pour se faire aux gens de son entourage et au monde. Je l’avais guidé à son rythme, tout en douceur. Et soudain, en un an, un an et demi, elle s’était affirmée. Elle n’hésitait plus à dire franchement ce qu’elle pensait. Elle était devenue très décidée et faisait preuve d’une maturité désarçonnante dans ses propos pour une petite fille de son âge.

Voilà qu’à tout juste 5 elle, elle prenait une petite part d’indépendance. Cela m’a chamboulée. C’est un tsunami d’émotions qui m’a envahit sans prévenir. Lorsque je suis revenue la chercher (pas trop tard, n’exagérons pas !) j’ai réalisé que j’étais la seule maman à être partie. J’ai retrouvé ma petite fille, tout sourire, heureuse d’avoir eu un moment rien qu’à elle, avec les copains. Et c’est là que j’ai compris ce qui m’avait remué.

Ce jour là, elle m’a demandé de lui lâcher la main et bien sûr, j’ai accepté. Mais que c’était difficile !

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